Malgré une offre de transport ferroviaire en légère baisse, les voyageurs ont davantage utilisé le train en 2023

Ferroviaire
Actualité publiée le 27 juin 2024
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Paris, le 27 juin 2024 – L’Autorité de régulation des transports (ART) publie ce jour ses « Premiers chiffres des marchés ferroviaires France 2023 », portant sur les principales évolutions en 2023 des marchés ferroviaires voyageurs et fret, et son « Bilan ferroviaire France-Europe 2022[1] », faisant une comparaison actualisée de la France aux dynamiques observées en Europe sur l’année 2022. En dépit d’une baisse de l’offre, le transport ferroviaire de voyageurs a connu une nouvelle forte hausse de fréquentation et d’occupation des trains en France en 2023. Le transport de fret subit quant à lui un recul marqué depuis 2022 en France et dans plusieurs pays européens.

LA DEMANDE FERROVIAIRE A PARTIELLEMENT REPRIS EN EUROPE ET POURSUIT UNE FORTE DYNAMIQUE EN FRANCE DEPUIS 2022

En 2022, le transport ferroviaire de voyageurs avait connu en France une fréquentation et des taux d’occupation records des trains de voyageurs, qui se confirment en 2023. Ainsi, les niveaux de 2022 ont été une nouvelle fois dépassés en 2023 (de +6 % pour les passagers.km transportés), en dépit d’une légère baisse de l’offre ferroviaire (‑1 %), conduisant ainsi à des records de taux d’occupation (77 % notamment sur les liaisons domestiques à grande vitesse). En Europe, les premiers chiffres 2023 confirment également un rattrapage des niveaux d’avant-crise, voire une dynamique accrue de fréquentation en Espagne (+30 % en un an), sous l’effet notamment de son ouverture à la concurrence en 2021.

La fréquentation des trains pour les services conventionnés a repris dans la plupart des régions en France, à l’exception notable des services Transilien et RER en Île-de-France (en retrait de 6 % par rapport au niveau de 2019). Cependant, des retraits encore plus marqués ont pu être observés en 2022 en Europe, atteignant plus de 20 % au global des services ferroviaires conventionnés au Royaume-Uni et en Italie.

Une baisse moyenne du nombre de trains en circulation est constatée en France. Cependant, les liaisons concernées par la concurrence entre les opérateurs SNCF Voyageurs, Trenitalia et Renfe connaissent des augmentations de l’offre ferroviaire supérieures à 10 %.

Concernant la qualité de service, la fiabilité de l’offre ferroviaire des opérateurs (trains ayant effectivement circulé) reste stable et la ponctualité se dégrade. Le taux de suppression des trains s’est ainsi maintenu à son niveau de 2022. La ponctualité des trains s’est en revanche une nouvelle fois dégradée en 2023, notamment pour les services TER de 9 régions sur 11.

LE « PRIX MOYEN » DES TRAINS À GRANDE VITESSE A AUGMENTE DE 7% EN 2023, PLUS FORTEMENT QUE L’INFLATION

Si les « prix moyens » des trains à grande vitesse ont augmenté de 7 % en France, et plus fortement pour les services Ouigo (en hausse annuelle de près de 10 %, contre 5 % pour les autres services), ils restent inférieurs en termes réels à leur niveau de 2019. Le niveau et les dynamiques de prix des trains sont très variables selon les classes tarifaires et les liaisons.

La concurrence a eu un effet notable sur les prix, qui ont diminué de 10 % sur l’axe Paris-Lyon. En Espagne, une dynamique encore plus marquée est à l’œuvre, avec des baisses de prix de près de 40 % sur les liaisons en concurrence depuis 2021 et un « prix moyen » de l’ensemble des services à grande vitesse qui a également diminué en euros courants.

Le niveau moyen de prix payé par les usagers des services conventionnés est proche, en France, de celui observé dans les pays voisins. La France se singularise cependant par un coût global très supérieur de ces services (près de 30 € par train.km en 2022, contre moins de 20 € en Allemagne, Italie et proche en Espagne ou Belgique). Ce coût est couvert à 33 % par les recettes commerciales et nécessite un niveau élevé de concours publics. Les premières attributions par appel d’offres des services régionaux conventionnés (5 en 2024, sur près de 50 lots attendus) ont cependant permis des baisses substantielles de coûts par rapport aux conventions en cours.

LE TRANSPORT FERROVIAIRE DE FRET ACCUSE UNE NOUVELLE BAISSE, EN FRANCE COMME EN EUROPE

En 2022, dans les contextes de crise économique et d’inflation, les volumes de fret transportés en train ont chuté en Europe à leur niveau 2019. Cette baisse s’est confirmée en 2023 en Allemagne et en France (-17 %), où les mouvements sociaux du mois de mars ainsi que l’éboulement de la Maurienne ont aggravé la chute. La quasi-stabilité en parallèle du trafic routier de marchandises devrait donc conduire à une nouvelle dégradation de la part modale du fret ferroviaire, déjà faible en France (11 %) par rapport à la moyenne européenne (17 %).

[1] Ce rapport porte sur l’année 2022. Le délai de publication du document s’explique par le temps nécessaire à la collecte des données auprès des différents régulateurs européens.

Consulter :

À propos de l’Autorité de régulation des transports

Depuis 2010, le secteur ferroviaire français est doté d’une autorité indépendante qui accompagne son ouverture progressive à la concurrence : l’Autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf). La loi n° 2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques a élargi les compétences du régulateur aux activités routières – transport par autocar et autoroutes. Le 15 octobre 2015, l’Araf est ainsi devenue l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer), avec la mission de contribuer au bon fonctionnement du service public et des activités concurrentielles, au bénéfice des clients des transports ferroviaire et routier.

Compétente pour la régulation des redevances aéroportuaires depuis le 1er octobre 2019, l’Arafer est devenue l’Autorité de régulation des transports (ART) à cette date. Enfin, la loi n° 2019-1428 du 24 décembre 2019 d’orientation des mobilités a étendu les compétences et missions de l’Autorité à l’ouverture des données de mobilité et de billettique, ainsi qu’à la régulation des activités de gestionnaire d’infrastructure et des activités de sûreté exercées par la RATP en Île-de-France.

Ses avis et décisions sont adoptés par un collège composé de cinq membres indépendants choisis pour leurs compétences économiques, juridiques ou techniques dans le domaine des services numériques ou du transport, ou pour leur expertise des sujets de concurrence. Il est présidé depuis le 29 décembre 2023 par Thierry Guimbaud.

Contact presse :

Karine Léopold, cheffe du service de la communication : karine.leopold@autorite-transports.fr