Fréquentation record des transports collectifs : le succès du train appelle à développer l’offre ferroviaire

Actualité publiée le 24 juin 2026
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Paris, le 24 juin 2026 – La fréquentation des transports collectifs atteint en France un niveau inédit. Les dernières publications de l’Autorité de régulation des transports (ART) montrent que cette dynamique repose principalement sur la forte progression du transport ferroviaire, moteur de la décarbonation des mobilités. Elles soulignent également que cette croissance appelle une augmentation de l’offre et des investissements dans l’infrastructure, tandis que les marchés ouverts à la concurrence montrent déjà leur capacité à accompagner le développement des services ferroviaires.

LES FRANÇAIS UTILISENT PLUS QUE JAMAIS LES TRANSPORTS COLLECTIFS, NOTAMMENT LE TRAIN, QUI JOUE UN RÔLE CENTRAL DANS LA DÉCARBONATION DES MOBILITÉS

Alors que les déplacements augmentent en France (+1 % en 2024), la baisse des émissions de gaz à effet de serre des transports se poursuit (-1,2 % en 2024), confortant la tendance observée sur les cinq dernières années (-7,4 % depuis 2019).

Cette dynamique est principalement l’effet d’un report des voyageurs vers les transports collectifs, dont le ferroviaire est le principal bénéficiaire. Sa part modale atteint ainsi, en 2024, 10,9 % des déplacements en France. En 2025, la fréquentation des trains enregistre un nouveau record historique, avec une progression de 4 % pour les services à grande vitesse et une hausse continue des services TER et franciliens.

Cette dynamique est l’une des plus fortes en Europe. Certes, l’Espagne reste le premier moteur européen de la croissance des trains librement organisés, avec une hausse de 41 % de la fréquentation en cinq ans, mais le volume de fréquentation ferroviaire y est près de trois fois inférieur à celui de la France. La croissance observée en France dépasse en revanche celle enregistrée depuis 2019 en Allemagne ou en Italie.

LA CROISSANCE DE LA DEMANDE APPELLE DAVANTAGE D’OFFRE ET UN RÉSEAU FERROVIAIRE PERFORMANT

La progression de la demande ne se traduit désormais plus principalement par une augmentation de l’offre, mais par un remplissage accru des trains.

En 2025, les taux d’occupation des trains à grande vitesse frôlent ainsi, en moyenne, 80 %, témoignant d’un niveau de remplissage particulièrement élevé. Cette évolution résulte de la forte dynamique de fréquentation, combinée à une offre stable en volume de sièges commercialisés. Les fréquences programmées ont connu une nouvelle baisse en 2025 et demeurent inférieures de près de 10 % au niveau de 2019 en raison des contraintes sur la disponibilité du matériel roulant.

Depuis 2019, l’offre des services conventionnés a également progressé moins rapidement que la fréquentation, en France comme dans le reste de l’Europe, entraînant une hausse de l’emport moyen des trains (+6 % en 2024 en moyenne européenne). Les taux d’occupation ont particulièrement augmenté en 2025 pour les services Transilien et RER.

Le maintien d’une offre de transport performante et fiable suppose un effort soutenu d’investissement dans la régénération et la modernisation du réseau, afin d’éviter la dégradation de sa capacité et de sa qualité de service. Plusieurs grands pays européens se sont engagés dans une telle dynamique. Les scénarios de long terme pour le réseau ferroviaire élaborés par l’Autorité en 2023[1] soulignaient déjà la nécessité d’un tel effort d’investissement pour répondre à la croissance des besoins de mobilité ferroviaire et au vieillissement progressif des infrastructures.

Cette situation souligne la nécessité de développer l’offre ferroviaire, mais également de poursuivre la modernisation et la régénération des infrastructures. Le développement de l’offre, en favorisant l’augmentation du trafic, contribue à accroître les recettes de péages ferroviaires, renforçant ainsi la capacité de financement du réseau. En retour, les investissements dans la régénération et la modernisation du réseau permettent d’accroître les capacités disponibles et d’accompagner durablement la croissance de la demande.

LES MARCHÉS OÙ LA CONCURRENCE EST EFFECTIVE TÉMOIGNENT DE FORTES HAUSSES DE L’OFFRE ET DE LA FRÉQUENTATION 

Les axes sur lesquels des entreprises concurrentes de SNCF Voyageurs sont présentes enregistrent de fortes hausses d’offre de trains, supérieures à 20 % sur Paris‑Lyon et Paris‑Marseille et de près de 100 % sur les liaisons entre la France et l’Italie. La fréquentation sur ces marchés progresse de plus de 25 %, soit un rythme deux fois supérieur à la moyenne nationale.

La mise en service de premiers lots conventionnés attribués après appel d’offres montre également des effets visibles : en 2025, l’offre TER effective a augmenté de +21 % (en sièges.km commercialisés) en région Provence-Alpes-Côte d’Azur, sous l’effet d’une forte hausse de fréquences sur les lignes « Azur » et « Inter-Métropoles ». Avec 15 lots, sur plus de 50 attendus, attribués à mi‑année 2026, 23 % du marché conventionné a fait l’objet d’une procédure de mise en concurrence, faisant de la France l’un des laboratoires européens de l’ouverture à la concurrence des services conventionnés.

Ces résultats montrent que la concurrence constitue un levier concret pour répondre à la croissance de la demande en favorisant l’augmentation de l’offre, l’amélioration de l’attractivité des services et l’élargissement des possibilités de déplacement pour les voyageurs.

LA CONCURRENCE INTERMODALE BÉNÉFICIE ÉGALEMENT AUX VOYAGEURS

La dynamique observée en faveur des transports collectifs ne concerne pas uniquement le ferroviaire.

Dix ans après l’ouverture du marché des autocars librement organisés, 112 millions de voyageurs ont utilisé ce mode de transport et la fréquentation a atteint un nouveau record en 2025 avec près de 17 millions de passagers. Ces services contribuent à la desserte de près de 960 liaisons sans autre alternative de transport collectif et participent à la décarbonation des déplacements.

Par ailleurs, la concurrence entre modes de transport est particulièrement vive sur de nombreux marchés de mobilité, mettant notamment en compétition les autocars, les services ferroviaires (TAGV, y compris les offres à bas prix, Intercités et TER), le covoiturage ainsi que les compagnies aériennes à bas coûts.

Le maintien d’une telle concurrence intermodale constitue ainsi un enjeu important pour préserver la diversité des offres et garantir aux voyageurs des prix compétitifs. Ce constat demeure particulièrement important sur le marché des autocars librement organisés, dans l’hypothèse où celui-ci viendrait à se concentrer davantage à la suite du retrait annoncé de BlaBlaCar.

[1] ART – Scénarios de long terme pour le réseau ferroviaire français (2022-2042) – Juillet 2023

Consulter les quatre dernières publications ART d’observation des marchés des transports :

Consulter les indicateurs de suivi des marchés des transports :

Contact presse : Karine Léopold, cheffe du service de la communication : karine.leopold@autorite-transports.fr

À propos de l’Autorité de régulation des transports

Depuis 2010, le secteur ferroviaire français est doté d’une autorité indépendante qui accompagne son ouverture progressive à la concurrence : l’Autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf). La loi n° 2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques a élargi les compétences du régulateur aux activités routières – transport par autocar et autoroutes. Le 15 octobre 2015, l’Araf est ainsi devenue l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer), avec la mission de contribuer au bon fonctionnement du service public et des activités concurrentielles, au bénéfice des clients des transports ferroviaire et routier.

Compétente pour la régulation des redevances aéroportuaires depuis le 1er octobre 2019, l’Arafer est devenue l’Autorité de régulation des transports (ART) à cette date. Enfin, la loi n° 2019-1428 du 24 décembre 2019 d’orientation des mobilités a étendu les compétences et missions de l’ART à l’ouverture des données de mobilité et de billettique, ainsi qu’à la régulation des activités de gestionnaire d’infrastructure et des activités de sûreté exercées par la RATP en Île-de-France.

Ses avis et décisions sont adoptés par un collège composé de cinq membres indépendants choisis pour leurs compétences économiques, juridiques ou techniques dans le domaine des services numériques ou du transport, ou pour leur expertise des sujets de concurrence. Il est présidé depuis le 29 décembre 2023 par Thierry Guimbaud.