Marchés passés par les sociétés d’autoroutes : le niveau de concurrence demeure globalement stable en 2025 ; l’ART renforcera ses contrôles sur deux points

Autoroutes
Actualité publiée le 9 juillet 2026
Capture rapport

Paris, le 9 juillet 2026, L’Autorité de régulation des transports (ART) publie son rapport sur les marchés et contrats passés par les sociétés concessionnaires d’autoroutes (SCA). En 2025, le niveau de concurrence demeure globalement stable : les marchés de travaux ont reçu près de quatre offres en moyenne et la remise en concurrence des activités sur les aires de service a notamment permis une baisse de 7 centimes d’euro par litre de carburant. L’ART continuera toutefois de suivre de près deux phénomènes : la part structurellement élevée des marchés attribués à des entreprises liées et le recul de la concurrence dans certains appels d’offres portant sur la distribution de carburant.

MARCHÉS DE TRAVAUX ET AIRES DE SERVICE : LA CONCURRENCE RESTE STABLE, AVEC DES EFFETS FAVORABLE POUR LES USAGERS

Le fonctionnement concurrentiel des marchés passés par les SCA demeure globalement stable. Ainsi, 407 marchés, représentant 60 % du montant total de leurs achats, ont été passés selon des procédures de publicité et de mise en concurrence, qui favorisent des conditions d’attribution transparentes et concurrentielles. Parmi ceux-ci, les marchés de travaux ont reçu en moyenne près de quatre offres, un niveau stable depuis plusieurs années traduisant une intensité concurrentielle soutenue.

La remise en concurrence des activités des aires de service continue de bénéficier aux usagers. En 2025, 21 procédures ont été conduites pour l’exploitation d’activités sur des aires de service. Elles ont notamment permis une baisse de 7 centimes d’euro par litre par rapport aux prix du carburant pratiqués avant la remise en concurrence. Par ailleurs, les appels d’offres portant exclusivement sur la recharge des véhicules électriques sont particulièrement concurrentiels : ils ont suscité, au cours des trois dernières années, plus de sept offres en moyenne.

DEUX PHÉNOMÈNES CONTINUERONT D’ÊTRE SUIVIS DE PRÈS PAR L’ART : LA PART ÉLEVÉE DES MONTANTS ATTRIBUÉS À DES ENTREPRISES LIÉES ET LA BAISSE DE LA CONCURRENCE POUR LA DISTRIBUTION DU CARBURANT

Premier point : la part des montants attribués par Vinci Autoroutes et APRR-Area à des entreprises liées demeure structurellement élevée. Au cours des trois dernières années, sur le périmètre contrôlé par l’ART, les entreprises liées ont représenté 33 % des montants attribués par APRR-Area et 41 % de ceux attribués par Vinci Autoroutes. De plus, la tendance d’ensemble demeure orientée à la hausse depuis 2020. En 2025, APRR-Area a toutefois nettement réduit cette part, qui est passée de 47 % en 2024 à 17 %.

Deuxième point : l’intensité concurrentielle des appels d’offres pour la distribution de carburant sur les aires de service continue de se dégrader. En 2025, le nombre moyen d’offres par lot s’est établi à 1,5 contre 1,9 en 2024. Parmi les 18 lots mis en concurrence, neuf n’ont reçu qu’une seule offre et une procédure s’est révélée infructueuse.

Ce niveau historiquement bas appelle un examen des pratiques de passation des SCA. En 2025, l’activité de recharge des véhicules électriques a systématiquement été regroupée avec la distribution de carburant dans les appels d’offres des aires de service. Le caractère systématique de cette pratique interroge, dès lors que le recours à un appel d’offres groupé pour deux activités différentes devrait plutôt relever d’un examen au cas par cas au regard des caractéristiques techniques de l’aire concernée.

L’ART renforcera ses contrôles sur ces deux points en 2026. Au regard de ces constats, l’ART orientera son action selon deux axes :

  • elle maintiendra un contrôle renforcé des marchés qu’ASF, Cofiroute, Escota et APRR-Area attribuent à des entreprises liées ;
  • elle contrôlera systématiquement le choix d’allotissement retenu lors de la remise en concurrence des activités exploitées sur les aires de service.

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Contact presse : Karine Léopold, Cheffe du service communication

Karine.leopold@autorite-transports.fr

À propos de l’Autorité de régulation des transports

Depuis 2010, le secteur ferroviaire français est doté d’une autorité indépendante qui accompagne son ouverture progressive à la concurrence : l’Autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf). La loi n° 2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques a élargi les compétences du régulateur aux activités routières – transport par autocar et autoroutes. Le 15 octobre 2015, l’Araf est ainsi devenue l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer), avec la mission de contribuer au bon fonctionnement du service public et des activités concurrentielles, au bénéfice des clients des transports ferroviaire et routier.

Compétente pour la régulation des redevances aéroportuaires depuis le 1er octobre 2019, l’Arafer est devenue l’Autorité de régulation des transports (ART) à cette date. Enfin, la loi n° 2019-1428 du 24 décembre 2019 d’orientation des mobilités a étendu les compétences et missions de l’Autorité à l’ouverture des données de mobilité et de billettique, ainsi qu’à la régulation des activités de gestionnaire d’infrastructure et des activités de sûreté exercées par la RATP en Île-de-France.

Ses avis et décisions sont adoptés par un collège composé de cinq membres indépendants choisis pour leurs compétences économiques, juridiques ou techniques dans le domaine des services numériques ou du transport, ou pour leur expertise des sujets de concurrence. Il est présidé depuis le 29 décembre 2023 par Thierry Guimbaud