Un an après l’ouverture à la concurrence de la ligne Marseille-Toulon-Nice, exploitée par Transdev depuis le 29 juin 2025, les premiers résultats montrent que l’ouverture du marché peut constituer un levier de développement de l’offre ferroviaire, sous réserve de réunir les conditions de sa réussite. À l’occasion d’une table ronde organisée le 30 juin pour le premier anniversaire de cette exploitation, Thierry Guimbaud, président de l’ART, est revenu sur les principaux enseignements de l’étude 2026 de l’Autorité consacrée à l’ouverture à la concurrence et en a rappelé trois messages clés. Ces constats s’appuient à la fois sur les premiers retours d’expérience des procédures déjà engagées et sur les analyses conduites par l’ART.
Les premiers effets de l’ouverture sont désormais observables : augmentation de l’offre (30 à 100 %), maîtrise des coûts, hausse de la fréquentation (+ 37 % depuis 2019 pour les services conventionnés hors Ile de France). Sur la ligne Marseille-Toulon-Nice exploitée depuis mi-2025, l’offre est doublée à coût inchangé pour la région. L’objectif de ponctualité a été renforcé à 97,5 % contre 94 % dans la convention précédente.
Depuis 2022, les régions sont devenues les principaux acteurs de cette transformation sur leur territoire. L’expérience de la région Sud-Provence-Alpes-Côte d’Azur, pionnière en la matière, illustre la montée en compétence des régions dans la préparation et la conduite de l’ouverture du marché. Elles se donnent progressivement les moyens d’en faire une réussite au bénéfice des usagers.
La réussite de l’ouverture du marché suppose une coordination renforcée entre AOM. La concentration des appels d’offres attendue entre 2027 et 2031, conjuguée à une intensité concurrentielle encore limitée, fait de l’échéance limite de 2033 un véritable défi collectif Celui-ci appelle un meilleur échelonnement des calendriers d’appels d’offres, un partage des expériences et une mutualisation de certains investissements, en particulier pour les commandes de matériel roulant.
Alors que près de quarante procédures d’ouverture restent à conduire d’ici 2033, l’ART continuera d’éclairer les pouvoirs publics et d’accompagner l’ensemble des acteurs afin que cette transformation produise durablement ses effets au bénéfice des voyageurs, des territoires et du système ferroviaire.