Malgré l’inflation, l’année 2022 a été favorable aux sociétés aéroportuaires et un retour du trafic aérien de passagers aux niveaux pré-Covid est attendu dès 2024

Screenshot 2023 12 12 at 10 54 38 ra mission de suivi economique et financier bilan 2022 vf.pdf

Paris, le 12 décembre 2023 L’Autorité de régulation des transports (ART) publie son bilan annuel 2022 de suivi économique et financier des aéroports ainsi que les données détaillées par aéroport. Malgré le contexte inflationniste, l’année 2022 est globalement très favorable aux sociétés aéroportuaires, qui bénéficient d’une forte reprise du trafic, notamment grâce aux compagnies à bas coûts. Un retour du trafic aérien de passagers aux niveaux pré-Covid de 2019 est attendu dès 2024.

LE SECTEUR AÉROPORTUAIRE A POURSUIVI EN 2022 SA REPRISE VERS LES NIVEAUX D’ACTIVITÉ OBSERVÉS EN 2019

Cette reprise a été observée par le rebond de la fréquentation des services commerciaux, atteignant près ou plus de 75 % des passagers transportés en 2019 dans l’ensemble des aéroports relevant du périmètre de régulation de l’ART, et approchant 90 % pour les aéroports de Paris-Orly et Marseille. Le trafic aérien à bas coûts a fortement contribué à cette hausse pour plusieurs aéroports (Nantes, Bordeaux), tandis que certaines plateformes ont pu subir, à l’inverse, une moindre reprise de l’offre de compagnies traditionnelles ou une baisse marquée et durable de la fréquentation de passagers pour voyages d’affaires (Lyon, Bâle‑Mulhouse, Toulouse).

Bien que la dynamique de l’activité aérienne semble marquer le pas sur le second semestre 2022, un retour du trafic de passagers aux niveaux de 2019 est attendu dès 2024 et a été revu à la hausse pour la France par les organismes de prévision. L’activité de fret aérien, en revanche, opérée à 80 % en 2022 vers ou depuis l’aéroport de Paris-Charles de Gaulle, a subi un nouveau recul, consécutif à celui de 2021, qui contraste avec la relative stabilité des trafics terrestres routier et ferroviaire.

L’ANNÉE 2022 MARQUE LE RETOUR DE LA RENTABILITÉ DES SOCIÉTÉS AÉROPORTUAIRES, EN LIEN AVEC LA REPRISE DE L’ACTIVITÉ

Les résultats financiers des sociétés aéroportuaires régulées bénéficient directement de la reprise du trafic, avec des recettes en forte hausse en 2022, atteignant 91% du niveau de 2019. Ce sont principalement les recettes extra-aéronautiques qui entraînent ce rebond, puisqu’elles représentent près de la moitié des produits des sociétés aéroportuaires. Si l’inflation pèse sur les charges d‘exploitation de tous les aéroports, certains exploitants ont su les maîtriser davantage, de sorte que leur marge opérationnelle a été améliorée par rapport à 2019.

Les huit sociétés aéroportuaires relevant du périmètre de régulation de l’ART ont généré un résultat net cumulé de près de 900 millions d’euros en 2022, soit un niveau supérieur de 32 % à la moyenne des trois années d’avant-crise. Si le secteur a profité de ces bons résultats pour renforcer ses capitaux propres, qui retrouvent presque leur niveau de 2019, le niveau d’endettement reste, pour sa part, bien plus élevé. Les versements de dividendes, très faibles en 2022 comme lors des deux années précédentes, pourraient donc reprendre dès 2023, en fonction des montants consacrés aux investissements. Ces derniers sont à un niveau bas pour la troisième année consécutive et laissent préfigurer de profondes mutations en cours du secteur.

CE BILAN ANNUEL DE L’ART PERMET DE SUIVRE, SUR LA DURÉE, LES RÉSULTATS ÉCONOMIQUES ET FINANCIERS DES AÉROPORTS

L’ART se dote de deux outils distincts pour suivre les résultats des aéroports relevant de son champ de compétence. Après la publication de son premier rapport de suivi économique et financier en janvier dernier, qui visait à être pédagogique et pluridisciplinaire, l’ART souhaite pouvoir éclairer toutes les parties prenantes en publiant, sur une base annuelle, les résultats économiques et financiers selon deux formats :

Consulter :

À propos de l’Autorité de régulation des transports

Depuis 2010, le secteur ferroviaire français est doté d’une autorité indépendante qui accompagne son ouverture progressive à la concurrence : l’Autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf). La loi n° 2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques a élargi les compétences du régulateur aux activités routières – transport par autocar et autoroutes. Le 15 octobre 2015, l’Araf est ainsi devenue l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer), avec la mission de contribuer au bon fonctionnement du service public et des activités concurrentielles, au bénéfice des clients des transports ferroviaire et routier.

Compétente pour la régulation des redevances aéroportuaires depuis le 1er octobre 2019, l’Arafer est devenue l’Autorité de régulation des transports (ART) à cette date. Enfin, la loi n° 2019-1428 du 24 décembre 2019 d’orientation des mobilités a étendu les compétences et missions de l’Autorité à l’ouverture des données de mobilité et de billettique, ainsi qu’à la régulation des activités de gestionnaire d’infrastructure et des activités de sûreté exercées par la RATP en Île-de-France.

Ses avis et décisions sont adoptés par un collège composé de cinq membres indépendants choisis pour leurs compétences économiques, juridiques ou techniques dans le domaine des services numériques ou du transport, ou pour leur expertise des sujets de concurrence. Il est présidé depuis le 4 août 2022 par Philippe Richert, Vice-Président et Président par intérim.