Le marché ferroviaire français confirme sa dynamique de croissance et une amélioration de la qualité de service, mais des enjeux d’investissement demeurent

Ferroviaire
Actualité publiée le 10 février 2026
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Paris, le 10 février 2026 – L’Autorité de régulation des transports (ART) publie ce jour son rapport complet d’observation du marché français du transport ferroviaire en 2024, qui vient compléter l’Essentiel du marché du transport ferroviaire, publié en décembre 2025, au travers d’analyses thématiques portant notamment sur l’organisation de l’offre ferroviaire en France et la qualité de service. Trois enseignements ressortent particulièrement de cette prise de recul sur l’évolution du secteur. Premièrement, la dynamique de croissance du marché ferroviaire, soutenue par le développement de la concurrence, bénéficie aux usagers et facilite le financement des services conventionnés régionaux. Deuxièmement, la ponctualité s’améliore en moyenne pour tous les services ferroviaires : l’ART lance à cet égard son application Préviseo, conçue pour contribuer à éclairer l’ensemble des usagers sur la fiabilité de l’offre ferroviaire en France. Troisièmement, malgré cette dynamique positive sur le volet des services, le niveau d’investissement dans le renouvellement du réseau demeure insuffisant pour contrer le vieillissement de l’infrastructure.

LA DYNAMIQUE DE CROISSANCE DU MARCHÉ FERROVIAIRE, SOUTENUE PAR LE DÉVELOPPEMENT DE LA CONCURRENCE, BÉNÉFICIE AUX USAGERS ET FACILITE LE FINANCEMENT DES SERVICES CONVENTIONNES RÉGIONAUX

L’année 2024 est marquée par un record de fréquentation des train pour les services librement organisés comme conventionnés. La fréquentation des trains a ainsi dépassé le niveau de 2019 de plus d’un tiers (35 %) pour les services conventionnés interurbains et de 12 % pour les services à grande vitesse.

Le record de fréquentation pour les services librement organisés a été soutenu par une offre en restructuration et en diversification, tant du côté de l’opérateur historique que des nouveaux entrants, dans un contexte d’ouverture à la concurrence.

  • Les services Ouigo représentent, en 2024, 21 % de la fréquentation des services ferroviaires librement organisés en France, expliquant en grande partie la progression – en sièges – des dessertes ferroviaires à grande vitesse. Les services à bas prix, initialement concentrés sur la desserte de grandes agglomérations de l’axe Sud-Est lors de leur lancement il y a plus de dix ans, se sont diversifiés sur l’ensemble des axes radiaux comme sur des liaisons intersecteurs dont ils assurent, en 2024, plus du tiers de la desserte. Ouigo a ainsi contribué à la croissance globale de l’offre de sièges commercialisés, atteignant entre 3 % et 8 % selon les axes. Les services Ouigo desservent également des agglomérations de taille moindre, en opérant, en 2024, 7 % de l’offre à destination de gares dans des aires urbaines de moins de 50 000 habitants.
  • Les nouveaux entrants Trenitalia et Renfe ont également permis d’accroître et de diversifier l’offre ferroviaire librement organisée, en opérant respectivement, en 2024, 11 % de l’offre de trains sur l’axe Paris-Lyon et 47 % de l’offre entre la France et l’Espagne.

Pour les services TER, la hausse des taux d’occupation entre 2019 et 2024 a permis d’améliorer, pour l’ensemble des régions, la part des recettes tarifaires dans leur financement, s’établissant à un niveau proche de 25 % en régions Occitanie, Nouvelle-Aquitaine, Hauts-de-France, et jusqu’à près de 40 % pour la moitié des régions.

Cette évolution s’est ainsi faite sans augmentation des prix des services conventionnés, qui n’ont pas répercuté l’inflation voire ont fortement baissé du fait de politique tarifaires attractives. Cette modération des prix des services conventionnés ne suffit cependant pas à expliquer les dynamiques récentes de fréquentation : d’autres facteurs apparaissent en effet déterminants dans les choix de mobilité, notamment la qualité de l’offre de transport.

LA PONCTUALITÉ S’EST AMÉLIORÉE POUR TOUS LES SERVICES FERROVIAIRES

La ponctualité et la régularité de l’offre ferroviaire se sont sensiblement améliorées en 2024, pour les services conventionnés comme les services librement organisés. L’amélioration la plus marquée de la ponctualité concerne les services Intercités (+4 points en 2024), qui conservent cependant les taux de ponctualité des passagers les plus bas. Le taux de circulations TER effectives et ponctuelles s’est amélioré dans la quasi-totalité des régions, en raison de la baisse généralisée des taux de déprogrammations. Les services Transilien-RER d’Île-de-France ont également vu une nette amélioration de leur taux de réalisation (+5 points, atteignant 89 %).

S’agissant des services librement organisés, l’axe Paris-Lyon en particulier, sur lequel coexistent des offres en concurrence depuis fin 2021, affiche une ponctualité supérieure à la moyenne. Si les taux de ponctualité peuvent fortement varier selon les périodes horaires, les causes imputables à l’infrastructure « gare » et à l’affluence des voyageurs pèsent relativement peu (moins de 5 %).

Afin de fournir un éclairage complémentaire sur la ponctualité des trains, l’ART met à disposition un outil en accès libre (https://previseo.autorite-transports.fr/) de suivi, à la maille liaison, des indicateurs de taux de retard de l’ensemble des trains de voyageurs opérés en France.

LES INVESTISSEMENTS DANS LE RENOUVELLEMENT DU RÉSEAU DEMEURENT INSUFFISANTS POUR CONTRER SON VIEILLISSEMENT

Le renouvellement des voies du réseau ferré national (RFN) a augmenté sur les lignes classiques mais diminué pour les LGV. Au global, près de 1 200 km de voies ont été renouvelés en 2024, soit une hausse de 16 % par rapport à la moyenne observée sur la période 2015-2021, portée par la bonne exécution du programme d’investissements de SNCF Réseau. En revanche, les investissements pour le renouvellement des LGV ont notablement baissé en 2024 (-17 %). Le niveau de dépenses d’investissements consacrées au renouvellement du réseau ferré reste ainsi inférieur sur les dernières années (hors inflation) au niveau qui était observé en 2019.

Ces efforts demeurent insuffisants pour contrer le vieillissement de l’infrastructure. À fin 2023, près de 2 600 km de voies du réseau structurant avaient déjà atteint leur durée de vie théorique, et près de 300 à 400 km de voies supplémentaires du RFN arriveront à cette même échéance chaque année d’ici à 2029.

L’indisponibilité du RFN liée aux travaux continue d’augmenter en dépit d’un taux d’utilisation partiel des capacités mobilisées. En 2024, près de 14 % de la capacité de réservation du réseau a été neutralisée du fait de la programmation des travaux, soit un doublement depuis 2019. Ce chiffre atteint 54 % sur le réseau utilisé par les trains de nuit. En outre, entre 21 % et 26 % des fenêtres de travaux programmées ne sont ni utilisées par SNCF Réseau ni restituées, limitant ainsi la capacité de circulation effectivement offerte aux entreprises ferroviaires. Le gestionnaire d’infrastructure s’est engagé à ramener le taux de non-utilisation à 10 % d’ici à 2030 dans le cadre de la mise en place du mécanisme incitatif à la restitution des capacités-travaux non utilisées que l’Autorité lui avait enjoint d’instaurer dans une décision de règlement de différend.

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