Dans son cinquième rapport multimodal consacré au transport de voyageurs et de marchandises en France, l’Autorité de régulation des transports (ART) met en évidence les principales évolutions des mobilités observées en 2024 et leurs implications pour les politiques publiques. La baisse des émissions du secteur des transports se poursuit malgré une progression globale des mobilités, principalement grâce au report des voyageurs vers les modes collectifs. Le transport ferroviaire apparaît comme le principal bénéficiaire des recompositions observées depuis la crise sanitaire, tandis que le transport aérien domestique poursuit son recul. La qualité de service des transports collectifs s’améliore sans retrouver son niveau d’avant-crise : elle constitue de ce fait un enjeu majeur pour la poursuite du développement des transports collectifs. À l’échelle européenne, le train renforce sa position sur les liaisons les plus courtes face à l’avion, mais sa progression reste limitée par l’insuffisance des connexions internationales.
LA BAISSE DES ÉMISSIONS DE TRANSPORT REPOSE AVANT TOUT SUR LE REPORT VERS LES MODES COLLECTIFS
En 2024, les émissions de gaz à effet de serre du secteur des transports diminuent de 1,2 %, alors même que les mobilités progressent globalement de 1 %. Cette tendance s’inscrit dans une dynamique plus longue : depuis 2019, les émissions ont reculé de 7,4 % tandis que les mobilités ne diminuaient que de 2,9 %.
Cette évolution résulte principalement d’un transfert des voyageurs vers des modes moins émissifs plutôt que d’une baisse rapide des émissions unitaires propres à chaque mode. Les gains environnementaux observés reposent ainsi largement sur le développement des transports collectifs.
LE FERROVIAIRE CONFIRME SON RÔLE CENTRAL DANS LES RECOMPOSITIONS DES MOBILITÉS
Le transport ferroviaire apparaît ainsi comme le principal bénéficiaire des recompositions des mobilités observées depuis la crise sanitaire. Entre 2019 et 2024, sa part modale a progressé de 1,7 point pour atteindre 10,9 % des déplacements de voyageurs en France métropolitaine. La progression de fréquentation ferroviaire se poursuit aussi en 2025. Dans le même temps, les transports collectifs terrestres ont retrouvé puis dépassé leur niveau de fréquentation d’avant‑crise, tandis que la voiture particulière et le transport aérien domestique demeurent en retrait.
Cette dynamique est particulièrement marquée sur les déplacements de longue distance. Entre 2020 et 2024, la fréquentation ferroviaire longue distance a progressé en moyenne de 17,5 % par an, contre 8,5 % pour la voiture sur autoroute concédée.
LA QUALITÉ DE SERVICE PROGRESSE MAIS DEMEURE UN ENJEU MAJEUR POUR L’ATTRACTIVITÉ DES TRANSPORTS COLLECTIFS
La poursuite de cette dynamique dépend aussi de la capacité des transports collectifs à améliorer durablement leur qualité de service. Si les indicateurs progressent en 2024, ils demeurent inférieurs à leur niveau de 2019. La réalisation de l’offre ferroviaire longue distance atteint 98,4 %, en hausse de 1,4 point par rapport à 2023, tandis que la ponctualité s’améliore légèrement. Les retards imputables aux entreprises ferroviaires représentent encore entre 38 % et 44 % des retards constatés à l’arrivée des services longue distance.
ENTRE LA FRANCE ET L’EUROPE, LE TRAIN S’IMPOSE SUR LES TRAJETS LES PLUS COURTS FACE À L’AVION
Le train capte désormais plus de 60 % des voyageurs face à l’avion pour les liaisons directes de moins de quatre heures entre la France et l’Europe. Cette part a progressé d’environ quinze points depuis 2019, illustrant le potentiel du ferroviaire lorsque l’offre permet des temps de parcours compétitifs.
Toutefois, les déplacements européens reposent encore majoritairement sur le transport aérien, dont le réseau bénéficie d’une couverture géographique très étendue alors que les liaisons ferroviaires internationales demeurent concentrées sur les pays limitrophes de la France.
Consulter
Contact presse : Karine Léopold, cheffe du service de la communication : karine.leopold@autorite-transports.fr
À propos de l’Autorité de régulation des transports
Depuis 2010, le secteur ferroviaire français est doté d’une autorité indépendante qui accompagne son ouverture progressive à la concurrence : l’Autorité de régulation des activités ferroviaires (Araf). La loi n° 2015-990 du 6 août 2015 pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques a élargi les compétences du régulateur aux activités routières – transport par autocar et autoroutes. Le 15 octobre 2015, l’Araf est ainsi devenue l’Autorité de régulation des activités ferroviaires et routières (Arafer), avec la mission de contribuer au bon fonctionnement du service public et des activités concurrentielles, au bénéfice des clients des transports ferroviaire et routier.
Compétente pour la régulation des redevances aéroportuaires depuis le 1er octobre 2019, l’Arafer est devenue l’Autorité de régulation des transports (ART) à cette date. Enfin, la loi n° 2019-1428 du 24 décembre 2019 d’orientation des mobilités a étendu les compétences et missions de l’ART à l’ouverture des données de mobilité et de billettique, ainsi qu’à la régulation des activités de gestionnaire d’infrastructure et des activités de sûreté exercées par la RATP en Île-de-France.
Ses avis et décisions sont adoptés par un collège composé de cinq membres indépendants choisis pour leurs compétences économiques, juridiques ou techniques dans le domaine des services numériques ou du transport, ou pour leur expertise des sujets de concurrence. Il est présidé depuis le 29 décembre 2023 par Thierry Guimbaud.